Municipales 2026 à La Gorgue : la majorité sortante lave son linge sale au moment de parler budget

Sur le papier, le débat d’orientation budgétaire (DOB), bien qu’il revête d’un caractère important dans le bon fonctionnement communal, est une procédure somme toute classique qui précède le vote définitif du budget primitif. L’exercice est devenu, mercredi 4 février en conseil municipal à La Gorgue, le théâtre d’affrontements verbaux, à quelques semaines des élections municipales.
Déjà en septembre, les premières positions des quatre candidats – Caroline Mouflin, Monique Evrard, Michel Dupas et Philippe Brouteele, tous élus au conseil – s’étaient dessinées dans les échanges. Puis les tensions sont montées d’un cran en décembre comme l’observaient nos confrères de la Voix du Nord.
Micros, retranscriptions, premières tensions
Lors de ce conseil municipal du 4 février, le budget présenté se veut être un budget de « transition » comme l’a rappelé le maire Philippe Mahieu – présent sur la liste de Monique Evrard, il ne brigue pas de nouveau mandat. Dès les premières minutes de la séance, Michel Dupas annonce son abstention sur le compte rendu du conseil précédent, mettant en cause des « coupures de micros » répétées et une retranscription qu’il juge incomplète. « Je trouve ça étonnant, c’est la première fois qu’il y a autant de coupures » déclare-t-il.
La critique est vite contestée par Monique Evrard, qui était secrétaire de séance lors du conseil de décembre : « Ce n’est pas la première fois, sauf que d’habitude, on ne le précise pas […]. Il ne fait pas bon d’être secrétaire de séance en ce moment. » Philippe Brouteele se place alors en arbitre des débats en appelant chacun à activer son micro… ce que Philippe Mahieu avait par ailleurs rappelé en début de séance. Le ton est donné et la suite de la séance monte en intensité.
La présentation du débat d’orientation budgétaire ouvre une passe d’armes entre Philippe Brouteele et le maire. En cause : l’existence – ou non – d’investissements prévus pour 2026. « Il ne faut pas dire qu’il n’y a pas de dépenses d’investissement prévues. Si, il y en a » affirme l’élu dissident, évoquant une autorisation d’engagement votée lors du précédent conseil.
Investissements et méthode au cœur des désaccords
Une lecture vivement contestée par Philippe Mahieu : « Vous confondez l’autorisation de dépenser un taux autorisé par l’État et le débat d’orientation budgétaire. » Puis le ton monte rapidement, le maire lançant : « Vous avez le droit, comme tout le monde, de ne pas savoir. Mais vous, vous pensez que vous savez tout. » Tandis que Philippe Brouteele dénonce une habitude du maire « d’élever le ton et de se fâcher ».
Puis le directeur général des services d’intervenir sous demande du premier magistrat : « C’est une autorisation qui vous est donnée de dépenser des nouvelles dépenses d’investissement au cas où il y en aurait besoin. Ce n’est pas une nouvelle opération. Ce ne sont pas des nouveaux investissements. Ce sont des dépenses qui pourraient survenir pendant cette période transitoire avant le budget. » Une intervention qui n’éteindra pas totalement la controverse, chacun campant sur son interprétation des textes et des procédures.
C’est ensuite Michel Dupas qui cristallise le débat, reprochant au maire l’absence de commission finances préalable : « Je souhaitais que nous puissions nous réunir en commission finances comme nous le faisions habituellement » insiste-t-il, dénonçant une « escalade de généralités » et des « effets de manche ».
L’élu annonce par ailleurs que « son groupe » s’opposera à toute hausse des taux d’imposition communaux ou intercommunaux, critiquant « la tentation de taxer davantage plutôt que de réévaluer l’efficacité de la dépense publique ». Face à lui, Philippe Mahieu balaye. « Je veux voter un budget succinct […] pour ne pas paralyser les activités de la commune » explique-t-il, évoquant un « budget de reconduction » sans nouveaux investissements majeurs. Et de prévenir : « Si pas de budget voté, alors pas de budget pour le CCAS et la Maison pour tous. Tout sera bloqué. » Une mise en garde perçue comme une forme de pression par Michel Dupas, qui parle de « chantage » et déplore un manque de transparence.
Sous tension jusqu’au bout
Philippe Brouteele insiste de son côté sur le fait qu’il s’exprime « en son nom » et non dans une logique de groupe politique, rappelant que « le seul groupe d’opposition officiellement constitué est celui de Caroline Mouflin ». Une pique à peine voilée à l’encontre de Michel Dupas qui s’est exprimé précédemment au nom de son groupe « Votre Voix, Notre Voie ». Jusqu’à la fin du conseil, les échanges fluctuent entre rappels d’ancienneté, accusations d’incompréhension et remarques ironiques. Puis en toute fin de séance, Monique Evrard prend la parole pour défendre l’action de la majorité sortante et apporter un soutien appuyé au maire : « En six ans, on a quand même fait des choses » souligne-t-elle, remerciant Philippe Mahieu pour « la bonne gestion » et « l’humanité » de son mandat. Et de conclure : « Je suis très fière d’être à vos côtés », lançant des applaudissements arrachés.
Si Caroline Mouflin n’est pas intervenue durant les débats, l’élue d’opposition s’est exprimée dès le lendemain sur les réseaux sociaux. Décrivant un conseil « très divisé » et fustigeant des échanges « dignes d’une cour de récréation » entre ses trois concurrents issus de la majorité. Les chiffres étaient à l’ordre du jour, la mise en scène au cœur de la séance.
Municipales 2026 à Hazebrouck : redynamiser le centre-ville, l’un des enjeux du prochain mandat ?
Municipales 2026 : venez poser vos questions aux candidats à Hazebrouck





