Municipales 2026 en Hauts de Flandre : au-delà de chaque commune, quels enjeux pour le territoire ?



Autour de cette séquence marquée par le départ d’une figure de l’intercommunalité, plusieurs maires du territoire ont accepté de dépasser le strict cadre communal pour livrer leur regard sur les enjeux du scrutin à venir et les défis intercommunaux qui attendent les Hauts de Flandre.
Pour Paul-Loup Tronquoy, maire de Bergues candidat à sa succession, les Municipales restent avant tout un enjeu démocratique majeur. « Au niveau local, on parvient encore à confronter les points de vue et à trouver des consensus, loin des logiques d’appareils », souligne-t-il. Dans un contexte national marqué par la polarisation, il voit dans les communes un espace où le débat contradictoire peut encore s’exercer de manière respectueuse. Mais il alerte sur la baisse de l’engagement, qui fragilise la démocratie. Même attachement à la singularité du scrutin chez Grégoire Francke, maire de Bambecque, qui rappelle que les Municipales sont « des élections à part, surtout dans les territoires ruraux », même si, à plus d’un an de la Présidentielle, « chaque parti fera forcément ses comptes ».
Le ton est plus critique chez Bruno Brongniart, maire de Rexpoëde, qui ne se représente pas. Il évoque la nécessité de « redonner du crédit, de l’autorité à la fonction de maire », fragilisée par les atteintes aux élus et les lourdeurs administratives. Il plaide pour une mise en commun accrue des moyens face à la baisse des dotations de l’État. « Pour réussir, il faut pouvoir agir rapidement, tout en mutualisant les efforts », résume-t-il.
La commune, l’échelon majeur de la démocratie de proximité
David Calcoen, maire de Wormhout, établit un parallèle entre 2020 et 2026. « En 2020, la crise sanitaire dominait. En 2026, c’est une crise politique et un contexte international tendu », analyse-t-il. Selon lui, les électeurs attendent aujourd’hui proximité, protection, transparence et un retour de la confiance dans les institutions.
Pour Didier Roussel, maire d’Esquelbecq, qui quittera ses fonctions, la commune demeure « l’échelon majeur de la démocratie de proximité » et même « un rempart face à la montée des extrêmes ». Il insiste sur le rôle des élus dans la défense de l’intérêt général, fondé sur des « valeurs de partage et de solidarité au bénéfice de tous ».
Démographie, logements, santé… autant de défis en Flandre
Mais les défis intercommunaux occupent une place centrale. Paul-Loup Tronquoy décrit la CCHF comme un territoire « entre deux pôles », Dunkerque et Lille, qui doit défendre sa qualité de vie, son identité rurale et agricole, tout en travaillant en complémentarité avec le Dunkerquois. Une vision partagée par plusieurs élus, quand le développement industriel du littoral attire habitants et salariés vers l’arrière-pays.
Grégoire Francke met en avant la pression démographique et les besoins en logement, infrastructures et mobilité, dans un contexte budgétaire contraint. David Calcoen identifie trois priorités : sécurité, accès à la santé et mobilité, notamment entre Dunkerque et Hazebrouck. Didier Roussel appelle, lui, à une véritable stratégie d’accueil intercommunale, en lien étroit avec les collectivités voisines, pour anticiper les effets du dynamisme économique du littoral.
Stéphanie Porreye, maire d’Oost-Cappel, souligne enfin que le paysage politique local va évoluer avec le départ de nombreux maires. « Chaque voix compte », affirme-t-elle, convaincue que la nouvelle génération d’élus saura poursuivre le rayonnement du territoire, notamment sur les questions de santé. Autant de regards croisés qui dessinent, au-delà des communes, les lignes de force d’un scrutin municipal qui déterminera l’avenir démocratique et territorial des Hauts de Flandre.





