Municipales 2026 à Bailleul : quels sont les grands thèmes qui pourraient faire basculer le vote ?
Ils sont pour l’instant trois sur la ligne de départ des élections municipales 2026 : Jacques Grember, Alain Talleu et Arnaud Devillez. Et la seule certitude, même en cas de nouvelles candidatures, est que le maire changera, Antony Gautier, l’édile en place ayant annoncé il y a un an sa décision de ne pas se représenter après six ans de mandat. Quels seront les enjeux de la campagne ? Voici quelques éléments de réponses.
1 Y aura-t-il une hausse d’impôts ?
C’est un des enjeux majeurs. Antony Gautier avait fait la promesse en 2020 de ne pas toucher aux impôts locaux. Six ans plus tard, le maire a tenu parole, parfois contre vents et marées. Entre recommandation de la Chambre régionale des comptes, situation financière plus compliquée que prévu ou encore explosion des coûts de l’énergie avec la guerre en Ukraine, les occasions n’ont pas manqué. Mais l’édile a rationalisé en optimisant les dépenses ou en faisant des choix, comme supprimer une semaine de centres aérés, pour rester dans sa ligne de conduite. « Il a eu mille possibilités de le faire », nous confiait un élu au détour d’une conversation.
À l’aube des élections municipales, chaque candidat s’est pour l’instant bien gardé d’en faire une promesse de campagne. « La meilleure idée, c’est celle qui ne coûte rien », glissait avec sa verve habituelle Jacques Grember au moment de lancer sa campagne. « On ne peut pas promettre de ne jamais augmenter les impôts, mais il faut que chaque euro serve à renforcer les services publics », avançait de son côté, le candidat de gauche Alain Talleu.
Cette insistance à ne pas augmenter quitte à sacrifier des projets a été parfois décriée. Mais selon nos informations, les consultations menées par les diverses équipes sur le terrain auprès des habitants ne montrent pas forcément une tendance. « De nombreuses personnes préfèrent qu’on rationalise mais qu’on ne touche pas aux impôts car les temps sont durs », nous glisse un membre d’une des équipes. Quoi qu’il en soit, la hausse – ou non – d’impôts aura un impact direct sur le programme qui en découle. Le nerf de la guerre se trouve peut-être ici. Car sans argent, difficile de voir grand. Mais reste à savoir ce que veulent vraiment les Bailleulois.
2. Comment intégrer la future Cité de la bière ?
La construction de la Cité de la bière, censée se terminer fin 2028 – début 2029 est amenée à bouleverser les équilibres à Bailleul. La Région table sur 150 000 visiteurs par an, un nombre, s’il est confirmé, qui va déplacer une foule considérable sur la cité de Mélusine. Entre stationnement, circulation, harmonie, les enjeux sont nombreux, à quelques encablures du centre-ville. Car si l’architecte a été trouvé et les premiers visuels dévoilés, reste à intégrer cela de façon optimale.
Repenser la grand’place faisait partie des ambitions d’Antony Gautier. Face à la possibilité d’avoir la Cité de la bière, le maire actuel avait repoussé l’idée évoquant qu’il faudrait construire la future grand’place en intégrant l’ouverture vers la Cité de la bière. Des candidats, comme Jacques Grember, ont déjà évoqué sur leurs réseaux sociaux, l’avenir de la grand’place. « Parking géant » ou « pas assez de verdure » font partie des constats faits.
Reste à trouver les meilleures solutions – ou compromis – pour la majorité des habitants. La Cité de la bière devrait être un vecteur touristique et économique qui pourra s’avérer une vraie force pour Bailleul. Encore faut-il trouver un équilibre pour tous. Une problématique que sera amené à résoudre le prochain maire.
3. Quid de l’entretien des bâtiments communaux ?
C’est un secret pour personne : les salles municipales bailleuloises sont vieillissantes. La municipalité actuelle ne s’en cache pas. Mais face à un budget serré, difficile de faire l’ensemble des travaux imaginés. « On ne fera que ce qui est urgent ou obligatoire », nous confiait-on d’ailleurs début 2025. Si sous le mandat d’Antony Gautier, le cinéma communal – lui aussi vétuste – a retrouvé son lustre d’antan grâce à un demi-million d’euros dépensé, de nombreuses structures espèrent vivre la même chose.
Entre la salle des fêtes, qui a vu son plafond fragilisé et les salles de sport qui subissent les affres du temps ou des malfaçons entre fuites d’eau, isolation thermique quasi nulle, le constat est inquiétant. Conscient de la problématique, la ville a d’ailleurs entrepris d’épurer son patrimoine, revendant de nombreux biens permettant d’équilibrer le budget et de ne plus subir ces dépenses d’entretien.
Les écoles et la mairie ne sont pas en reste. Cette dernière va voir l’entièreté du chauffage revu, la chaudière étant d’un autre temps et plus forcément réparable à un coût abordable. Certaines écoles comme l’école Pasteur ont déjà eu des problèmes de chauffage ces dernières années, entre autres.
Mais une vraie rénovation, comme l’a montré le projet du cinéma, a un coût et non des moindres. Envisager une vraie refonte sans augmenter les impôts semble utopique. Alors qu’un projet global autour du complexe sportif avait été évoqué à horizon 2030, celui-ci a été rapidement mis au placard, faute de finances. Il y aura forcément des choix à faire sur ce qui doit être rénové, sur l’ampleur des travaux et le coût. Nul doute que les Bailleulois seront attentifs à ces propositions.





