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À Dunkerque, trois des quatre candidats aux municipales ont participé à la première table ronde menée par le groupe Nord Littoral

Comprendre et appréhender les enjeux économiques du territoire, opposer les visions politiques, telle était la mission de la première table ronde économique organisée par le groupe Nord Littoral, ce jeudi 5 février, à Dunkerque. Trois autres dates sont au programme.
https://www.nordlittoral.fr/rossel_extref/Cue-61903745
Journaliste
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À un bons mois des prochaines élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars, trois des quatre candidats à la mairie de Dunkerque avaient répondu favorablement à l’invitation du groupe Nord Littoral ce jeudi 5 février. Dans les locaux d’ÉcosystèmeD, en lien avec le Medef Côte d’Opale, une table ronde était en effet organisée pour évoquer l’avenir économique du territoire. Alors que trois autres sont au programme, voici ce qu’il faut retenir des échanges menés à Dunkerque, où seul manquait à l’appel Damien Lacroix, qui n’a pu se rendre disponible.

1. Nicolas Fournier veut ralentir le rythme

Habitué des réunions publiques sur la thématique industrielle, dans lesquelles il vient débattre du volet écologique qui lui est cher, Nicolas Fournier avait la lourde tâche de lancer les hostilités. Face à plusieurs représentants du monde économique, le Dunkerquois a évoqué à plusieurs reprises son souhait de ralentir la cadence. « On a peut-être été un peu loin dans la densification industrielle, avec une juxtaposition d’entreprises à risque très proche qui pose question », a-t-il introduit, indiquant vouloir mettre « un coup de frein sur les nouvelles implantations » s’il était élu maire. Appuyant son propos sur son souhait de penser aussi aux classes moyennes, celui qui est aussi président de l’Adelfa (assemblée de défense de l’environnement Littoral Flandre) a par ailleurs remis en cause le modèle économique de la future vallée de la batterie électrique, trop axé selon lui sur des véhicules trop chers. « On doit réfléchir à changer de paradigme pour partir sur une économie de besoins avant de partir sur une économie de l’offre, tout en prenant aussi en compte les limites planétaires qui s’offrent à nous. »

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Ont suivi des échanges sur des thématiques plus spécifiques, comme le logement ou la mobilité du territoire. Là encore, le candidat a invité à une remise en cause de la politique menée actuellement par Patrice Vergriete, basée sur la rapidité d’exécution. « On va peut-être trop vite sur pas mal de dossiers, on dépense beaucoup d’argent mais on ne sait jamais ce qui peut se passer, il faut garder des finances saines et ne pas se mettre en danger », a-t-il taclé, militant pour une concertation accrue avec tous les acteurs du territoire et une accessibilité maintenue pour toutes les classes sociales du territoire. La défense des petites entreprises et de l’artisanat a également été au cœur de son discours, tout comme la lutte contre les discriminations à l’embauche et évidemment l’écologie. « On a beaucoup industrialisé, allant à l’encontre de la loi ZAN(zéro artificialisation nette, ndlr), on est allés trop loin [...]. Sur notre liste, ce qui est au cœur du projet, c’est de remettre de la démocratie à tous les étages, qu’il y ait moins de verticalité pour construire un projet de territoire. »

2. Adrien Nave prône le libéralisme

Sans surprise, le discours du candidat Adrien Nave n’a pas pris la même tournure que celui de Nicolas Fournier. Deuxième à se plier à l’exercice, le candidat à l’étiquette RN a plutôt prôné un libéralisme plus prononcé qu’il ne l’est actuellement. « Aujourd’hui, il faut reconnaître qu’on est les champions des contraintes en France », a-t-il critiqué, évoquant pour l’exemple local le permis de louer, un dossier à remplir « qui complique la vie des acteurs dans l’immobilier ». Insistant sur la nécessité selon lui de simplifier les choses, le Saint-Polois a ensuite dressé le parallèle économique. « Il faut plus de libertés de créer, que les acteurs puissent être libres, sans que des normes successives viennent s’ajouter. Le RN est pour une simplification du monde économique qui doit aussi se faire à l’échelon national. » Sa ligne de conduite, le candidat assure vouloir la calquer sur davantage de transparence et de communication, pour que tout le monde y trouve son compte. « L’objectif n’est pas d’imposer notre vision au monde économique, on fera des choix évidemment mais ça passera par un dialogue constant. »

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Sur le plan de la fiscalité, Adrien Nave n’a pas changé son fusil d’épaule, annonçant sa volonté de baisser la taxe foncière « pour redonner aux Dunkerquois du pouvoir d’achat et redonner davantage de compétitivité au monde économique ». Une autre vise elle à réaliser un audit pour étudier les comptes publics et ainsi « éviter les dépenses farfelues ». L’élu d’inviter aussi à stopper les aides communautaires votées pour venir en aide à Gaza ou les dépenses liées à la crise migratoire. « La trajectoire prise n’est pas tenable. Nous ferons le choix que chaque euro dépensé à Dunkerque soit reversé aux Dunkerquois. La CUD n’a pas vocation à grossir éternellement, elle doit se recentrer sur ses prérogatives et arrêter de vouloir s’occuper de tout. » Plus fort encore, Adrien Nave a affirmé la volonté nationale du RN de supprimer la loi ZAN (zéro artificialisation nette) telle qu’elle existe aujourd’hui. « Quand on veut créer de la richesse, il ne faut pas que ça devienne l’anarchie, mais il faut lever les contraintes qui sont en contradiction avec les besoins d’un territoire. Les entreprises doivent être accompagnées, nous devons être des facilitateurs. »

3. Patrice Vergriete garde le cap

Maire de Dunkerque depuis 2014, président de la communauté urbaine et candidat à sa réélection, Patrice Vergriete a tenu lors de cette première table ronde un discours que les acteurs économiques connaissent déjà. S’appuyant sur une feuille de route établie depuis 2015, l’élu a rappelé sa stratégie industrielle, basée sur la décarbonation et l’arrivée de nouveautés, dont évidemment la naissance d’une vallée de la batterie électrique. Ancien ministre du Logement puis des Transports, le Dunkerquois a rappelé toute la nécessité d’accélérer les démarches pour dynamiser le territoire sur tous les plans. « Aujourd’hui, l’organisation de l’État ne facilite pas les choses. Moi-même, je me bats régulièrement avec les services de l’État. Ce qui permettrait d’accélérer ? C’est la décentralisation », a-t-il souri, quelques heures avant justement de rencontrer Amélie De Monchalin, ministre de l’Action et des comptes publics, pour discuter de la perte sèche pour l’interco de 15 millions d’euros, qu’il avait déjà évoquée il y a quelques semaines, déjà face au monde économique.

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« La CUD va être mise devant un sacré défi financier. La CUD développe aujourd’hui une politique publique qui vient en substitution de gens qui ne font pas leur boulot. Si on a été érigés en modèle, c’est parce qu’on a des politiques publiques qui permettent d’accompagner le développement. » Patrice Vergriete a ensuite évoqué comme les autres candidats les différentes thématiques proposées, parmi lesquelles la mobilité sur le territoire, avec l’arrivée prochaine d’Urbanloop, et aussi le logement, pour lequel il a invité à augmenter encore la cadence. « Le plan qu’on a lancé suit son cours, on a doublé le rythme de production, on doit encore le doubler d’ici 2029. Mais le problème, c’est la filière du bâtiment qui doit accélérer. Un des enjeux sera de trouver la ressource, la qualité et la quantité. Aujourd’hui, la filière n’est pas à la hauteur de l’enjeu. » La question de la fuite de la jeunesse est un axe également évoqué parmi les réflexions pour poursuivre la dynamique enclenchée, avec les questions qui en découlent de l’éducation et donc de la pédagogie à poursuivre pour sensibiliser tout le monde aux profonds changements du territoire.

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