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« Le Père Noël est une ordure » par les Thibautins : une machine à rire bien huilée à découvrir cette année

La troupe de théâtre boulonnaise a démarré sa tournée avec son adaptation de cette pièce culte des années 80. Un humour trash qui flirte souvent avec l’absurde et trouve un écho dans la société depuis 45 ans. Un défi que ces comédiens chevronnés relèvent haut la main.
Journaliste
Temps de lecture: 3 min

Avec 30 années d’expérience de la scène et du théâtre de divertissement, les Thibautins se sentaient prêts à relever ce défi de taille.

« Le Père Noël est une ordure » proposée par la troupe du Splendid en 1979, c’est la pièce de tous les dangers tant les interprètes initiaux ont marqué leurs personnages de leur empreinte. Ce sont aussi des répliques cultes et cinglantes qui ont traversé les générations.

Pour trouver leurs marques, les Thibautins ont travaillé la pièce à leur manière, en jouant notamment sur le décor qui est nettement plus coloré que l’original, et en introduisant notamment le personnage de Madame Musquin, qui n’apparait que dans la version filmée de la pièce. La mécanique tient ensuite à la mise en scène, à la distribution des rôles et à l’interprétation. Et c’est précisément sur ce point que trente années d’expérience pour la majorité des comédiens de la troupe, jouent pleinement leur rôle.

Séance de dégustation des Doubitchous
Séance de dégustation des Doubitchous - @Christine Delpierre

Et chacun est à la bonne place !

Le principe d’une adaptation réussie est que le public qui dispose d’un modèle de référence, adhère au choix du comédien et à son interprétation. Pour ma part, je trouve que c’est un sans-faute. Une fois de plus, dans la création proposée par les Thibautins, chacun est parfaitement à sa place et la mécanique du rire s’enclenche sans fausses notes. La pièce s’ouvre sur les personnages de Thèrèse (Sylvie Martel) : tenue sobre mais colorée, la voix volontairement suraiguë, une gestuelle surjouée, et de la très «raide» Madame Musquin, interprétée par Cécile Desmaret-Vennin, qui va perdre de sa superbe au fil des événements.

Arrive Pascal Chivet en Pierre Mortez qui affiche un air coincé soutenu par une voix guindée mais dont la mentalité se révèle vite aux antipodes de son apparence. Christian Delpierre campe un monsieur Preskovitch très pittoresque et pétri d’humanité.

Entrée en scène de Christine Gosselin. Une zézette toute en couleurs qui irradie sur scène. Christine est tellement «Zézette» qu’on en oublie la comédienne au profit de ce personnage aux remarques percutantes et hyperdrôles. Le «grand» Régis Carnet incarne une Katia toute en volume, aussi décalée que celle de Christian Clavier (le créateur du rôle) dans l’apparence, et qui révèle un personnage très attachant, à l’instar de la pièce originale. Philippe Harbart enfin, joue un Félix ordurier sans retenue, avec juste ce qu’il faut de cynisme et de méchanceté. On y croit à fond.

Un jeu jubilatoire

C’est une pièce très visuelle, courte mais rapide où les répliques s’enchaînent. Charge aux spectateurs de ne pas en louper une miette. La scène de dégustation des fameux « doubitchous » de M. Preskovitch est hilarante. Les comédiens qui parlent la bouche pleine de chocolats infects sont un vrai régal pour les yeux. La scène du «petit remontant» slovène à base d’échalotes et son fameux crapaud dans la bouteille nous fait revivre le moment d’anthologie repris par la troupe du Splendid dans «Les bronzés font du ski ». On s’y croirait !

À Monsigny fin janvier

Retrouvez les Thibautins au théâtre Monsigny pour la suite de leur tournée les 23, 24 et 25 janvier. Toutes les dates sur lesthibautins.fr – Attention, la pièce s’adresse à un public averti

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