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« Le yoga va permettre à l’enfant de sortir l’émotion avant qu’elle ne devienne ingérable », selon Malvina Ghoris, de Bien Hêtre à Cassel

Malvina Ghoris a fondé Bien Hêtre à Cassel et voit dans le yoga un outil pour aider les enfants à gérer leurs émotions. À quelques jours de la rentrée, elle rappelle l’importance pour les plus jeunes de trouver des clés pour mieux apprivoiser leurs ressentis.
Journaliste
Temps de lecture: 2 min

Malvina Ghoris a créé Bien Hêtre à Cassel, il y a un peu plus d’un an. En petit groupe, elle initie au Yin Yoga, aux voyages sonores et à la méditation. Elle propose aussi, en individuel, de l’hypnose, de la guérison énergétique et des ateliers parents-bébés avec éveil musical. Elle n’oublie pas non plus de recentrer l’attention sur les plus petits. À l’aube de la rentrée scolaire, elle nous parle du yoga pour les enfants dont l’objectif est de s’offrir une bulle d’oxygène et écouter ses émotions.

Le yoga est-il une bonne solution face à l’anxiété des enfants en période scolaire ?

Oui ! Alors souvent, on a l’image que le yoga calme. Ce n’est pas tout à fait vrai. Un enfant peut sortir d’une séance de yoga en étant agité. Mais en fait, le yoga va permettre à l’enfant de sortir l’émotion. Et le fait de ne pas la garder à l’intérieur de lui, elle ne va pas rester pendant plusieurs jours et après devenir quelque chose d’ingérable pour lui. Le yoga est vraiment un super outil.

Comment se déroule une séance de yoga pour les enfants ?

Avec les petits, on va être sur quelque chose autour de la météo. « Tiens, comment c’est à l’intérieur ? Est-ce qu’il y a du soleil, de la pluie, du vent, c’est la tempête, etc. ? » Ce qui permet d’exprimer comment on se sent. Au fur et à mesure, l’enfant va mieux accueillir son état. Avec les grands, on va nommer les émotions. « Moi, quand je me sens triste ou en colère, voilà ce que ça fait à l’intérieur de mon corps. » C’est être dans la liberté d’expression. On va aussi aller chercher des postures d’équilibre et des exercices de respirations, qui vont permettre soit de faire sortir l’émotion, soit de mieux la vivre, de l’apaiser, de se recentrer.

Il y a aussi toute la partie « apprendre à se connaître », car on est tous uniques. Et dans les systèmes de grande collectivité comme l’école, on ne peut pas trop affirmer son unicité, son identité parce que ce n’est pas l’endroit le plus approprié pour. Là, en tout petits groupes, maximum 5 enfants, on peut vraiment. L’enfant a l’occasion d’affirmer qui il est, de s’affirmer auprès des autres aussi, et ça, c’est une étape importante pour lui. On fait aussi des jeux pour mieux apprendre à se connaître en fonction du regard des autres, toujours dans la bienveillance, tout comme des exercices où l’on se rend compte qu’on a besoin des autres. Par exemple, dans toutes les postures d’équilibre : c’est grâce à l’autre qu’on arrive à tenir. Il y a aussi beaucoup de temps d’échange et d’écoute. Et ça se finit par un temps de relaxation.

Les enfants découvrent aussi les meilleures postures pour exprimer leurs émotions et trouver le calme intérieur.
Les enfants découvrent aussi les meilleures postures pour exprimer leurs émotions et trouver le calme intérieur. - Photo : Bien Hêtre à Cassel

Obtenir le calme intérieur, est-ce important ?

Pour moi, le calme intérieur, la paix intérieure, on la trouve quand on est en paix avec soi. La découverte de soi, la découverte des émotions, l’acceptation de son corps tel qu’il est. Il y a aussi des enfants qui se disent : « Mon corps n’est pas comme les autres. » Et par le yoga, on peut accepter le corps tel qu’il est, parce que ce n’est pas parce qu’il a une forme différente qu’il n’est pas souple, qu’il n’a pas des capacités. Et dans les postures, il y a des enfants qui se retrouvent face à des super capacités, alors qu’en sport, ils n’ont jamais été valorisés. Et du coup, c’est « waouh ! En fait, je suis fort dans quelque chose. » Et quand on est en paix avec soi-même, on aime son corps, on accepte ses émotions, on accepte qui on est, finalement, on n’est plus calme aussi.

J’imagine que vous suivez les enfants sur une année ?

Ça dépend, parce qu’il n’y a pas d’engagement. Et ça, c’est vraiment quelque chose qui est important pour moi : si l’enfant est fatigué à une période ou s’il a un anniversaire ou une autre activité, il ne se sent pas obligé de venir au yoga. Et s’il en a marre et qu’il veut arrêter, il peut arrêter en cours d’année et reprendre plus tard.

Voyez-vous la différence de comportement de l’enfant entre les premières séances et les suivantes ?

Oui. D’abord d’un point de vue physique quand des enfants ont des douleurs au dos, par exemple. Le yoga vient compléter un sport pour créer un équilibre et une meilleure harmonie du corps. Après, au niveau de l’expression des émotions, au tout début, ils n’ont pas de vocabulaire en fait, ils leur manquent des éléments. Au fur et à mesure des séances, ils arrivent à plus s’exprimer et sont plus dans l’écoute de l’autre aussi. Il y a des enfants qui n’arrivent pas à écouter au départ, qui monopolisent. Et je vois aussi la différence sur le temps de la relaxation. Au début de l’année, elle va durer un petit 5 minutes. À la fin de l’année, on est plus sur 10 ou 15 minutes parce qu’ils savent s’apaiser, ils ont trouvé les clés, la respiration, la posture dans laquelle ils se sentent bien pour extérioriser les émotions.

N’est-ce pas trop compliqué que les groupes puissent changer d’une séance à l’autre ?

Non et je trouve ça intéressant d’avoir un groupe changeant. Par exemple, chez les 6-10 ans, j’avais un groupe de trois enfants très réguliers. Et de temps en temps, il y en avait un qui ne venait pas. Eh bien, le comportement des deux autres n’était pas pareil. Si c’était celui qui était créatif qui n’était pas là, c’était l’occasion aux deux autres d’être plus dans la création. À chaque fois, ils viennent « compenser », sans se rendre compte, ce que l’autre apporte d’habitude. Ça apporte une dynamique. Tout comme quand une nouvelle personne arrive, ça va amener une rencontre, de la curiosité et des échanges qui n’étaient pas prévus !

Malvina a créé Bien Hêtre à Cassel il y a un peu plus d’un an.
Malvina a créé Bien Hêtre à Cassel il y a un peu plus d’un an.

Tous ces exercices, les enfants peuvent-ils les refaire chez eux ?

Exactement. La plupart des enfants ont des parents qui pratiquent aussi le yoga et ils pratiquent donc ensemble à la maison. C’est chouette, c’est un partage ! Les parents apprécient aussi l’échange créé par les séances. Quand l’enfant revient, peut-être pas juste après la séance, mais dans les jours suivants, il va en parler et dire : « J’ai fait telle posture », « Regarde mon dessin », « Ça, ça veut dire ça »… Les parents se rendent compte aussi qu’ils sont plus calmes et savent mieux se gérer et gérer les crises grâce aux différents outils que l’on pratique.

Yoga un mercredi sur deux : pour les 6-10 ans de 14 h à 15 h et pour les 2-6 ans de 15 h 30 à 16 h 30. Infos sur bien-hetre-a-cassel.fr
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